Voyager? Chapitre 3: MANIZALES / ¿Viajar? Capitulo 3: MANIZALES
L’attente vous a semblés longue depuis Santa Marta ? Pas autant qu’à moi durant ces 18 heures de bus m’emmenant jusqu’à notre troisième chapitre : Manizalès. Dix-huit heures heures d’air climatisé très frais (peut-être trop), dix-huit heures de paysages qui défilent. Décidé à continuer l’aventure comme elle avait commencé, la route ne pouvait qu’être la seule option possible. Vous l’avez compris, avec un trajet aussi long, le changement doit être total. La côte est loin derrière nous, en s’approchant de notre prochaine destination, on gravit la montagne, le car n’arrête pas son ascension, les montagnes nous entourent sans fin possible. Après deux bonnes heures de virages en altitude, la descente est enfin entamée, les embouteillages dans la petite route de montagne n’en finissent pas mais on approche du but. El Ere Cafetero es mio (La zone cafetière est à moi), Manizales me voilà.
Chapitre 3 : Manizales
En arrivant au terminal de bus, la ville apparaît en altitude, autrement dit, pour atteindre le centre il faut lever les yeux. Par quel moyen ? Le cable aérien. Vous montez les marches, arrivez à la station, payez votre ticket et voyez les petites cabines aller et venir puis s’envoler vers l’infini. J’attends mon tour, monte dans l’une d’entre elle et la magie commence. Ni une ni deux, me voilà entraîné vers les sommets. De là, on vous offre un premier cadeau qui ne se refuse pas : une vue parfaite sur Manizales, rien ne vous échappe. La montagne en face de vous, les maisons qui deviennent de plus en plus petites au fur et à mesure que vous volez, le spectacle vaut le coup d’œil avant d’arriver au centre-ville, quelques dizaines de mètres plus haut. Le climat est nettement plus frais mais tout de même agréable, les petites rues piétonnes vivent au rythme de la Féria débutant dans quatre jours, on entend des « Programación de la feria, cuatro mil pesos » (Programme de la féria, quatre mille pesos). Vous l’avez compris, en Colombie tout se vend mais cette agitation amène un charme qui n’a rien à envier aux villes européennes. Après quelques minutes de rêverie et d’errance dans les allées, vous voilà à la place Simon Bolivar. Comme presque chaque ville de Colombie (pour ne pas dire toutes), Manizales possède sa place rendant hommage au libérateur du peuple colombien. Une étrange mais néanmoins imposante statue se dresse devant nous, on y aperçoit un fier oiseau de bronze appelé « Bolivar Condor », une très étrange représentation del Libertador, il faut bien le concevoir. Si vous tournez la tête (c’est à vrai dire impossible de l’épargner du regard), vous vous retrouverez nez à nez avec la cathédrale de Manizales, la 5ème plus haute du monde, soulignons-le. L’histoire de celle-ci laisse perplexe et pensif il faut l’avouer, le guide nous apprend qu’après avoir brûlé à cause de bougies allumées, elle fut reconstruite avant que les deux têtes des statues au sommet tombent mystérieusement, l’une d’entre d’elle dans un toilette. Etrange, n’est-ce pas ? L’ascension quant à elle ne doit pas être une option car la vue au sommet est incroyable : tournez-vous à 360°, la ville vous semblera minuscule et l’horizon s’offrira à vous.
Manizales forme avec les villes de Perreira et d’Armenia le Triangle du Café représentant à lui seul 10% de l’offre mondiale. Si vous sentez en vous l’envie de comprendre ce qui donne à la Colombie son importance au niveau mondial, montez à bord d’un bus qui vous emmènera à Armenia. Deux petites heures de trajet pour un joyau national : le Parc National du Café. Ce domaine mélange connaissances, informations sur le café colombien et loisirs. Vous y trouverez des attractions diverses et variées, petit train, comme montagnes russes ou télésiège vous permettant d’admirer les hectares de café s’étendant à perte de vue tout comme des sentiers amenant une promenade relaxante dans le parc. Si vous ne vous y rendiez pas, le pauvre Juan Valdez serait fort mécontente et risquerait de tomber de sa mule. Oui, cet homme moustachu vêtu de son sombrero est le symbole mondialement connu du café typiquement colombien. Une chaîne de cafés a même été créé il y a quelques années pour promouvoir la production nationale. On peut bien évidement déguster un frappé ou un cappuccino « Made in Colombia » après quelques heures de promenade au milieu des sentiers du parc. Entrer dans un Juan Valdez Café, c’est entrer au milieu des plantations, sentir la passion des producteurs colombiens, l’orgueil national et la fierté de pouvoir cultiver un produit aussi noble que le café. A franchir les portes, la senteur vous transporte, la fragrance paralyse votre corps, la seule question qui vous vient à l’esprit est alors la suivante : « Que vais-je commander ? ».
Après une journée remplie de marche et de rayons de soleil, épuisé et désireux d’une relaxation à la hauteur de l’effort, rendez-vous aux « Termales ». Quelque peu sur les hauteurs de la ville, vous profiterez de l’eau chaude provenant directement d’un volcan proche. Pour plus de sensation, ne craignez pas la douche froide qui s’offre à vous (un tour sur vous-même suffira) et entrez à pas de loup dans le bassin d’eau presque bouillante qui n’attend que vous. Un sentiment de bien-être vous remplit, et pour cause, le souffre est très bon pour la peau. Ne tentez tout de même pas d’ouvrir les yeux sous l’eau, vous comprendrez alors ce que signifie le mot souffre-ir.
Quelques jours de découverte plus tard, voilà le début de la Féria de Manizales, attendu pendant un an par tout un peuple. Ne pouvant pas rester très longtemps pour cause de stage, je me contente donc du défilé d’ouverture. Les rues sont remplies, on boit une Poker (bière locale), on écoute de la musique, l’envie de danser est là, on entend du reggaeton dans les rues proches, de la salsa provenant des bars aux alentours, l’ambiance Latino est belle et bien présente. Les cavaliers Paisas défilent (ils étaient plus de 1800 l’an dernier), puis vient le tour de l’armée, représentée par des soldats camouflés et vêtus de tenues de combats puis par l’orchestre. Soudain, une femme montant un cheval arrive à toute allure. Elle semble visiblement mais naïvement maîtriser sa monture et s’élancer vers le lointain. La grâce et l’élégance paraissent être ses plus proches amies mais c’est sans compter sur la différente volonté du cheval. Tout le monde s’arrête, j’entends à côté de moi « Se cayó » (Elle est tombée) et la foule cours vers elle. Le corps de la cavalière est étendu sur le sol, inconscient, quelques sauveteurs l’entourant. Et oui, c’est cela aussi la Colombie, du suspense et des surprises.
Enfin, le plus beau monument de Manizales et des Terres Paisas demeure l’accueil et la chaleur de ses habitants. Une phrase résumerait parfaitement leur attitude : « Rien n’est jamais trop ». Chaque repas est un banquet de Gargantua, la gentillesse est de mise, le mot « étranger » n’existe plus mais les « pues » [pouès] finissant chaque phrase résonne à longueur de temps. Les diminutifs utilisés pour un bon nombre de mots rendent le dialogue plus informel et posé. Le moment ne sera plus « el momento » mais « el momentico », le café noir deviendra « el tintico » au lieu de « tinto ». Vous aurez même envie de vous imaginer Paisa est de dire d’une voix forte : « Quiero una arepita pues » (Je veux une arepa). Oui, ici c’est la culture de l’ « arepa paisa » (énième mais délicieuse variante de la galette de maïs) et de la bandeja paisa (plat copieux composé de bœuf grillé, de couenne de porc frite, de haricots rouges, de riz, de chorizo, d’un œuf sur le plat et d’une arepa).En bref, ne craignez pas de manger car ici, le mot « bastante » (assez) n’existe plus depuis bien longtemps.
Voilà, le voyage autour de la Colombie touche à sa fin, j’allais presque oublier la raison première de ma venue en Colombie : mon stage. Je suis reparti pour neuf heures de bus jusqu’à Bogota au milieu des montages mais le trajet vaut encore une fois le détour. Arrêté sur le parking d’un restaurant le temps d’une pause, on aperçoit quelques soldats armés de leurs fusils. Interrogateur, je demande au passager à côté de moi la raison de cette présence, je n’en tire aucune réponse. Peut-être les coulées de boue se produisant parfois dans cette région. Quelques minutes plus tard, un camion s’arrête, d’autres soldats descendent. Une dizaine de soldats pour une simple coulée de boue ? Le même passager revient vers moi et m’apprend que la guérilla est probablement présente plus au nord et au sud de notre position, d’où la présence armée. Par ces mots il me rappelle que dans ce pays certes rempli de lieux à ne pas manquer et de diversité, la sécurité n’est hélas pas tout à fait parvenue à son niveau attendu.
Y aura-t-il un nouveau chapitre à cette découverte ? Vous le saurez très bientôt. Après cette -je l’espère- humble évasion auprès du café Colombien, je vous laisse maintenant retourner à vos habitudes.
Bien à vous.
Don Rémi
¿Le pareció larga la espera desde Santa Marta? No tanta como la mía durante las 18 horas en bus hasta nuestro tercer capítulo: Manizales. Dieciocho horas con el aire acondicionado muy fresco (quizás demasiado), dieciocho horas viendo paisajes. Quería seguir la aventura como había empezado, así que la carretera tenía que ser la única opción posible. Ya lo han entendido, con un viaje tan largo, el cambio debe ser total. La costa está lejos atrás, acercándonos de nuestra próxima destinación, subimos la montaña, el bus no detiene la ascensión, las montañas nos rodean sin posible fin. Después de dos horas de curvas en altura, la bajada comienza, los atascos en la pequeña carretera no se acaban pero nos estamos acercando del objetivo. El eje cafetero es mío, Manizales aquí estoy.
3er Capitulo: Manizales
Al llegar a la terminal de autobuses, la ciudad aparece estar en altura, mejor dicho, para alcanzar el centro, hay que levantar los ojos. ¿Cómo? El cable aéreo. Suben las escaleras, llegan a la parada, pagan su tiquete y ven las pequeñas cabinas venir, irse y volar hacia el infinito. Espero mi turno, subo en una y la magia empieza. De repente me lleva hacia arriba. Desde ese lugar, reciben un regalo que no se rechaza: una vista perfecta sobre Manizales, nada sale desapercibido. La montaña en frente de ustedes, las casas poco a poco se convierten en muñequitos, el espectáculo vale la pena antes de llegar al centro, unas decenas de metros más arriba. El clima es mucho más fresco pero a pesar de todo agradable, las calles peatonales viven al ritmo de la Feria que empieza dentro de cuatro días, se escucha “Programación de la feria, cuatro mil pesos”. Ya lo saben, en Colombia todo se vende pero esta agitación provoca un encanto que no puede estar celoso de las ciudades europeas. Después de algunos minutos de fantasía y de perdición en las calles, están en la plaza Simón Bolívar. Como casi cada ciudad en Colombia (para no decir todas), Manizales tiene su plaza rindiendo homenaje al liberador del pueblo Colombiano. Una extraña pero imponente estatua está delante de nosotros, podemos ver un orgulloso pájaro de bronce llamado “Bolívar Condoré”, una representación rara del Libertador, hay que admitirlo. Si dan la espalda (la verdad es difícil no verla), van a encontrar la catedral de Manizales, la quinta más alta del mundo, notémoslo. No cabe duda de que su historia deja perplejo y pensativo, el guía nos enseña que después de haber quemado por unas velas, fue construida de nuevo antes de que las dos cabezas de las estatuas que están arriba cayeran misteriosamente, una de ellas en un baño. Es raro, ¿cierto? En cuanto a la ascensión, no tiene que ser una opción ya que la vista después de subir es increíble: den la vuelta a 360 grados, la ciudad les parecerá minúscula y el horizonte se ofrecerá a ustedes.
Manizales con las ciudades de Pereira y de Armenia forman el Triángulo del Café representando 10% de la oferta mundial. Si tienen ganas de entender lo que da a Colombia su importancia a nivel mundial, tomen un bus que les llevará a Armenia. El trayecto dura dos horas pero la joya nacional les está esperando: el Parque Nacional del Café. Este lugar mezcla conocimientos, informaciones sobre el café colombiano y ocios. Podrán encontrar varias atracciones, tren como montañas rusas o telesillas permitiéndoles contemplar las hectáreas de café visibles hacia el infinito, tanto como los caminos en los que las baladas en el parque parecen dulces y relajantes. Si no fueran allá, el pobrecito Juan Valdez se pondría muy bravo y podría caerse de su burro. En efecto, ese hombre con un bigote y un sombrero es el símbolo conocido a nivel mundial del café tradicional colombiano. Por supuesto pueden degustar un “frappé” o un cappuccino “Made in Colombia” después de algunas horas caminando por los senderos del parque. Entrar a un Juan Valdez Café es entrar a las plantaciones, sentir la pasión de los productores colombianos, el orgullo nacional, la honra de poder cultivar un producto tan noble como el café. Al atravesar las puertas, el olor le transporta, la fragancia paraliza sus cuerpos, la única pregunta que viene a la menta es: “¿Qué voy a pedir?
Después de un día lleno de caminata y de sol, cansados y queriendo una relajación tan grande como el cansancio del esfuerzo, vayan a los Termales. Un poco más altos que la ciudad, disfrutaran del agua caliente viendo directamente de un volcán cercano. Para más sensaciones, no temen la ducha fría que se ofrece a ustedes (una sola vuelta es suficiente) y entren poco a poco en el agua casi hirviendo que solamente les está esperando. Una sensación de bienestar les llena, y eso porque el azufre es bueno para la piel. No se atrevan a abrir los ojos bajo el agua o van a entender lo que quiere decir la palabra azufr-ir.
Algunos días después, ya empieza la Feria de Manizales, esperada durante un año por toda la población. Al no poder quedarme más por mis prácticas que van a empezar pronto, solamente puedo ver el desfile de apertura. Las calles están llenas, toman Poker (cerveza local), escuchan música, hay ganas de bailar, se escucha reggaetón en las calles cerquitas y salsa desde los bares a los alrededores, el ambiente latino está aquí. Los caballeros Paisas desfilan (fueron las de 1800 el año pasado), luego viene el ejército representado por los soldados camuflados y llevando uniformes. De repente, una señora sobre un caballo llega a todo correr. Parece obviamente pero con iluso dominar su montura y evadirse hacia la lontananza. La gracia y la elegancia son sus fieles amigas pero eso es sin pensar en la voluntad del caballo. Todo el mundo se detiene, escucho cerca de mi “Se cayó” y la gente está corriendo hacia ella. Su cuerpo se encuentra estirado en el suelo, inconsciente, unos salvadores la están rodeando. Claro, eso también es Colombia, un poco de suspenso y de sorpresas.
Por fin, el monumento más bonito de Manizales y de las Tierras Paisas es la acogida y el calor de sus habitantes. Una frase resume perfectamente esta actitud: “Nunca hay demasiado”. Cada plato es un banquete de Gargantua, el cariño se encuentra por todos lados, la palabra “extranjero” ya no tiene sentido pero los “pues” acabando cada frase se escuchan todo el tiempo. Los diminutivos usados para muchas palabras dan más facilidad e informalidad al dialogo. El café no será “el tinto” sino “el tintico”, el momento se convertirá en el “momentico”. También tendrán ganas de ser Paisa y de decir con una voz fuerte: “Quiero una arepita pues”. Si, aquí está la cultura de la “arepa paisa” (otra pero deliciosa variante de la galleta de maíz) y de la “bandeja paisa” (plato copioso con carne de vaca asada, corteza de tocino frita, frijoles, arroz, chorizo, huevo y una arepa). En suma, no tengan miedo de comer porque aquí, la palabra “bastante” dejó de existir desde hace mucho tiempo.
Bueno, el viaje por Colombia se está acabando, estaba por olvidar la razón por la cual estoy en Colombia: mis prácticas. Nueve horas de bus me están esperando antes de llegar a Bogotá, cerca de las montañas pero el viaje vale una vez más la pena. Detenidos en el parqueadero de un restaurante durante un corto momento, vemos a unos soldados armados. Interrogador, le pregunto al pasajero a mi lado lo que está sucediendo, sin ninguna respuesta. Quizás por las coladas de lodo ocurriendo a veces en la región. Un momento después, un camión se detiene, otros soldados bajan. ¿Una decena de soldados para una pequeña colada de lodo? El mismo pasajero vuelve a hablar conmigo y me entero de que la guerrilla puede estar más hacia el norte y el sur de nuestra posición. Eso puede explicar la presencia del ejército. Con sus palabras, me acuerdo de que en este país lleno de lugares que hay que conocer y de diversidad, la seguridad desafortunadamente todavía no ha alcanzado el nivel esperado.
¿Vamos a irnos de Bogotá otra vez? Lo sabrán muy pronto. Después de esta -lo espero- humilde evasión cerca del café colombiano, les dejo ahora volver a sus hábitos.
Atentamente
Don Rémi
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